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Montpellier : la préfète ferme l’Élite et trois commerces

Policiers lors d'un contrôle, visuel officiel de fermeture administrative de la préfecture de l'Hérault

Quatre établissements montpelliérains ont baissé le rideau sur décision de la préfète de l’Hérault en l’espace de quatre jours. La discothèque L’Élite, théâtre d’une fusillade mortelle le 15 août, écope de la sanction la plus lourde : deux mois de fermeture pour trafic de tabac et travail dissimulé. Trois autres bars et restaurants sont concernés.

Deux mois de fermeture pour la discothèque L’Élite

L’annonce est tombée lundi 17 août en milieu d’après-midi sur les réseaux sociaux de la préfecture. Chantal Mauchet a signé trois nouveaux arrêtés de fermeture administrative visant des établissements de la capitale héraultaise.

La mesure la plus sévère frappe la discothèque L’Élite, située 2650 avenue de Maurin, dans le quartier Garosud. L’établissement doit rester clos deux mois pour « détention frauduleuse de tabac en vue de sa revente et travail dissimulé », selon les termes de la préfecture.

« Ces commerces ne font pas que ne pas respecter la réglementation. Ce sont des instruments du blanchiment de l’argent des stupéfiants et du tabac illégal. »

François-Xavier Lauch, alors préfet de l’Hérault, en décembre 2025 lors du lancement de la politique d’affichage des fermetures

Le calendrier interpelle. La décision a été prise avant la nuit du 14 au 15 août. Elle n’a toutefois été rendue publique que moins de 48 heures après le drame survenu sur le parking de la boîte de nuit. Un Sétois de 18 ans y a été mortellement blessé par une balle perdue samedi vers 5 h 35, à l’issue d’une rixe impliquant des clients et des agents de sécurité. L’enquête se poursuit. Notre article sur la fusillade devant l’Élite revient en détail sur cette nuit.

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Localisation : 2650 avenue de Maurin, quartier Garosud, Montpellier

Un restaurant et deux bars également sanctionnés

Le restaurant Le Hubba, installé 110 rue Élie-Wiesel à Port-Marianne, ferme un mois. Les contrôleurs y ont constaté le non-respect de l’interdiction de fumer, avec des clients surpris cigarette à la main en dehors de l’espace prévu à cet effet.

Troisième établissement visé : le Before Bar, 18 rue Diderot, en centre-ville. Sept jours de fermeture lui sont infligés pour « nuisances sonores occasionnées par la diffusion de musique amplifiée », un motif classique dans un secteur où les riverains signalent régulièrement des débordements nocturnes.

Trois jours plus tôt, un quatrième commerce avait déjà été touché. Le Neptune, bar à chicha du 400 avenue du Château d’O dans le quartier Alco, a fermé le vendredi 14 août pour un mois. Motif identique à celui du Hubba : des clients fumaient dans les salles, sans fumoir aménagé. L’adresse n’en est pas à son coup d’essai puisqu’elle avait déjà écopé de 21 jours de fermeture au printemps 2025 pour la même infraction.

Ces sanctions reposent sur des rapports de la police nationale établis lors de contrôles souvent inopinés. Les exploitants disposent d’une voie de recours devant le tribunal administratif de Montpellier, une option qui n’a rien de théorique : en juillet, la justice avait suspendu la fermeture du restaurant Le Couperet.

Une arme devenue la marque de fabrique de la préfecture

La fermeture administrative s’est imposée ces dernières années comme l’outil privilégié de l’État dans l’Hérault. Le département a enregistré 172 fermetures prononcées en 2025, un chiffre arrêté fin novembre et déjà supérieur de 40 % à celui de 2024, qui en comptait 114. Montpellier concentrait à elle seule 83 de ces décisions.

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Depuis décembre 2025, chaque commerce fermé se voit apposer une grande affiche autocollante sur sa vitrine ou son rideau métallique, mentionnant le motif de la sanction. Trois modèles existent selon la nature de l’infraction constatée : manquement à la réglementation, vente illicite de tabac ou trafic de stupéfiants. Une méthode revendiquée par la préfecture, qui veut rendre les décisions visibles plutôt que de les laisser disparaître avec les arrêtés arrachés.

Derrière ces mesures se joue une bataille plus large contre le blanchiment de l’argent du narcotrafic. Les enquêteurs y voient un mécanisme éprouvé : un fonds de commerce racheté, une activité de façade, du liquide qui entre en caisse. La municipalité alimente le dispositif en transmettant ses propres constats à la préfecture, notamment sur les horaires de fermeture et la vente de protoxyde d’azote.

Les motifs relevés cet été dessinent un panorama assez large. Tabac de contrebande, travail non déclaré, tapage nocturne, interdiction de fumer bafouée : la préfecture ratisse au-delà des seuls dossiers liés aux trafics. Au printemps, plusieurs commerces montpelliérains avaient déjà été visés pour non-respect des horaires et vente illicite de tabac, dont une épicerie du faubourg du Courreau.

Ce que risquent les établissements de nuit

Pour un exploitant, une fermeture de deux mois en pleine saison estivale représente un manque à gagner considérable. Les charges continuent de courir, les salariés se retrouvent sans activité et la clientèle prend d’autres habitudes.

Les gérants de débits de boissons peuvent consulter les obligations qui leur incombent sur la page dédiée aux débits de boissons du site de la préfecture de l’Hérault. Licences, horaires, affichage et règles sanitaires y sont détaillés.

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D’autres dossiers seraient en cours d’instruction dans les services préfectoraux. Police nationale, police municipale et gendarmerie multiplient les contrôles conjoints sur les établissements recevant du public, un rythme qui ne devrait pas faiblir à l’approche de la rentrée.