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West Nile : six chevaux infectés, l’Hérault en alerte

Chevaux de Camargue dans une zone humide du littoral, milieu propice au moustique Culex vecteur du virus West Nile

Six chevaux de l’Hérault ont contracté le virus West Nile. La direction départementale de la protection des populations a confirmé ces infections ce mercredi 26 août et attend encore les résultats d’analyses sur plusieurs autres animaux suspects. Aucune contamination humaine n’a été détectée dans le département à ce stade.

Six cas confirmés, d’autres analyses en cours

La DDPP de l’Hérault a validé six infections équines au virus du Nil occidental. Plusieurs suspicions cliniques restent en attente de résultats de laboratoire. Le décompte du département pourrait donc encore grimper dans les prochains jours.

Les premières alertes remontent à la mi-août. Le réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine a enregistré un cas héraultais confirmé le 19 août, chez un cheval dont les symptômes étaient apparus le 7 août. Un second signalement départemental a suivi deux jours plus tard.

La préfète de l’Hérault demande aux éleveurs et aux vétérinaires de la filière équine de signaler sans délai toute suspicion. La fièvre de West Nile figure parmi les maladies réglementées à déclaration obligatoire.

Un moustique commun qui pique à la tombée du jour

Le virus circule entre les oiseaux sauvages et les moustiques du genre Culex, le moustique commun présent partout dans les zones humides du littoral languedocien. L’insecte se contamine en piquant un oiseau porteur puis transmet le virus lors de piqûres suivantes.

Une nuance compte pour les habitants de la métropole : le Culex n’a rien à voir avec le moustique tigre. Le tigre attaque en pleine journée. Le Culex, lui, sort surtout en soirée et pendant la nuit. Les gestes de protection ne visent donc pas les mêmes heures.

« Les chevaux […] sont des hôtes accidentels : ils peuvent être infectés par le virus West Nile lorsqu’ils sont piqués par des moustiques contaminés. »

Préfecture de l’Hérault, communiqué du 26 août 2026

Le communiqué précise que ces hôtes accidentels ne transmettent pas le virus à leur tour. Un cheval malade ne représente donc aucun danger direct pour son propriétaire. Le risque vient uniquement de l’insecte.

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L’Occitanie concentre plus de la moitié des cas équins français

L’épisode héraultais s’inscrit dans une saison inhabituellement chargée. Au 21 août, le RESPE recensait 93 cas équins confirmés sur l’ensemble du territoire, dont 53 en Occitanie et 33 en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le total dépasse déjà celui des deux étés précédents.

Le réseau vétérinaire s’inquiète surtout de la nature des formes observées cette année. Ces dernières semaines, la majorité des chevaux positifs présentaient des signes neurologiques. Certains sont morts ou ont dû être euthanasiés.

« Le nombre total de cas est déjà supérieur à celui enregistré au cours des deux années précédentes, alors que le pic de l’épidémie ne semble, à ce stade, pas encore atteint. »

RESPE, réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine

Trente cas humains en France, aucun dans l’Hérault

Chez l’homme, la circulation du virus progresse elle aussi. Santé publique France comptait 30 cas autochtones au 24 août dans son bulletin publié ce mercredi, soit douze de plus en une seule semaine. Quatre départements d’Occitanie sont concernés.

L’Aude fait son entrée dans cette liste pour la première fois, tout comme la Seine-et-Marne et la Drôme. Le premier cas humain de l’année avait été identifié le 16 juillet dans les Pyrénées-Orientales.

L’Hérault reste pour l’instant à l’écart de ce décompte humain. Le département n’échappe pas pour autant à la pression des arboviroses : un épisode de dengue autochtone y a été identifié cet été, après le retour du chikungunya en Occitanie au printemps.

La plupart des infections humaines passent inaperçues. Les formes symptomatiques se traduisent par de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires ou des éruptions cutanées. Les complications neurologiques restent rares.

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Vaccination, insecticides : ce que demande la préfecture

Aucun traitement spécifique n’existe contre le West Nile. Un vaccin équin est en revanche disponible en France et constitue le levier de prévention le plus efficace pour éviter les formes graves. Il doit être anticipé avant la saison des moustiques pour être pleinement protecteur.

La préfecture recommande aussi le traitement insecticide des installations et la démoustication des abords des écuries. Chez le cheval, quatre infections sur cinq passent totalement inaperçues. Environ 20 % des animaux développent une simple poussée de fièvre. Entre 1 et 10 % basculent vers une forme nerveuse.

Le RESPE liste les signaux qui doivent conduire à appeler un vétérinaire sans attendre :

  • une fièvre inexpliquée ;
  • une démarche anormale ou une incoordination des mouvements ;
  • des tremblements musculaires ;
  • une faiblesse des membres postérieurs, voire des difficultés à rester debout ;
  • un abattement marqué ou un changement de comportement.

La guérison intervient le plus souvent en trois à quatre semaines. Les vétérinaires appellent toutefois à ne pas relâcher la surveillance trop vite : des rechutes surviennent parfois entre quinze jours et cinq mois après l’épisode initial. Les chiffres nationaux actualisés chaque semaine sont consultables dans le bulletin de surveillance renforcée de Santé publique France.