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Cyanobactéries dans le Lez : baignade interdite à Castelnau

Amas d'algues et de cyanobactéries à la surface du Lez à Castelnau-le-Lez

Se baigner dans le Lez, y pêcher ou simplement laisser son chien approcher de l’eau est désormais interdit à Castelnau-le-Lez. La commune a pris un arrêté municipal le vendredi 17 juillet face à la prolifération de cyanobactéries, des micro-organismes potentiellement toxiques dont le développement s’accélère avec les fortes chaleurs. Les prélèvements des derniers jours révèlent des concentrations particulièrement élevées dans le fleuve.

Un arrêté municipal qui verrouille l’accès au fleuve

Des nappes verdâtres flottent à la surface du Lez depuis plusieurs semaines. Elles ressemblent à de simples algues. Elles peuvent pourtant libérer des cyanotoxines dangereuses pour l’homme comme pour l’animal. La Ville de Castelnau-le-Lez invoque « la potentielle présence de concentrations élevées de cyanobactéries dans l’eau du Lez » et des conditions météorologiques qui « favorisent le développement d’amas d’algues en surface du cours d’eau ».

Les restrictions détaillées sur la page dédiée du site de la commune sont larges. Il est interdit de :

  • se baigner dans le Lez ou ingérer son eau ;
  • pratiquer des activités nautiques ;
  • jouer avec des bâtons ou des galets immergés puis les porter à la bouche ;
  • amener son chien au bord du fleuve ;
  • pêcher et consommer le poisson du Lez.

Aucune date de levée n’est annoncée à ce stade. Tout dépendra des prochaines analyses de l’eau, réalisées chaque semaine.

Localisation : les berges du Lez à Castelnau-le-Lez, en amont de Montpellier.

Des prélèvements hebdomadaires dans le fleuve

Le Lez fait l’objet d’une surveillance organisée à l’échelle de la métropole. Chaque lundi ou mardi, des échantillons sont prélevés dans le fleuve puis envoyés en laboratoire. « On assure un suivi de la qualité des eaux du Lez donc on a mutualisé les moyens pour pouvoir assurer de manière hebdomadaire des prélèvements », explique Amandine Auriche, responsable d’unité de maîtrise d’ouvrage GEMAPI, au micro de France 3 Occitanie.

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Les analyses sont confiées au laboratoire montpelliérain IAGE. Ses ingénieurs ont identifié dans les derniers prélèvements une souche bien connue localement, « une cyanobactérie qu’on retrouve principalement à Montpellier ». Les résultats sont ensuite transmis aux communes riveraines selon un code couleur inspiré de la vigilance météo.

« On les informe des différents niveaux de dangerosité des eaux, grâce à un dispositif d’alerte. C’est un système basé comme celui de la météo, on va avoir plusieurs coloris en fonction de l’activité cellulaire des cyanobactéries. »

Lucie Sanchez, ingénieure au laboratoire IAGE

C’est ce dispositif qui a conduit Castelnau-le-Lez à franchir le pas. Les relevés des derniers jours affichaient des niveaux particulièrement élevés.

Les chiens, premières victimes potentielles

Chez l’humain, le contact avec une eau contaminée ou son ingestion peut provoquer des troubles cutanés, digestifs ou nerveux. Pour les chiens, le danger est autrement plus sérieux : en buvant l’eau du fleuve ou en léchant leur pelage après une baignade, ils peuvent absorber une dose mortelle de toxines.

« Les symptômes peuvent apparaître rapidement, généralement dans les premières minutes ou les premières heures suivant la contamination. Plus on agit rapidement, meilleur est le pronostic. Avec des troubles neurologiques sévères et une atteinte hépatique, le pronostic est malheureusement beaucoup plus grave. »

Margo Vliex, vétérinaire

Le précédent de septembre 2020 reste dans les mémoires : la mort d’un chien avait alors poussé la préfecture de l’Hérault à alerter sur la présence de cyanobactéries dans le Lez. L’Anses rappelle de son côté que ces proliférations peuvent conduire « à une désoxygénation de l’eau, entraînant une mortalité massive de poissons et d’invertébrés ».

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Un phénomène récurrent que la chaleur entretient

Fortes températures, faible débit, eau stagnante riche en nutriments : le cocktail est idéal pour ces micro-organismes. Le scénario se répète presque chaque été sur le fleuve : alerte de la préfecture en 2020, alerte rouge en septembre 2022, interdictions dans cinq communes en juillet 2023 puis un premier arrêté castelnauvien dès le 28 mai 2025. Avec une chaleur qui s’installe durablement sur la métropole, les concentrations ne sont pas près de retomber.

Le dossier tombe mal pour la collectivité. La baignade dans le Lez est officiellement interdite depuis les années 70 et la Métropole caresse le rêve de la rouvrir un jour. « J’espère d’ici deux ans environ », confiait à l’été 2024 René Revol, vice-président chargé de l’eau, interrogé par La Gazette sur un possible retour des baigneurs dans le fleuve. L’épisode en cours rappelle l’ampleur du chemin restant pour un cours d’eau déjà confronté à l’installation d’une tortue invasive. En attendant, les Montpelliérains en quête de fraîcheur se rabattront sur les quinze bassins de la métropole.