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Éclipse du 12 août : 96,7 % du Soleil masqué à Montpellier

Le mercredi 12 août, la Lune viendra masquer 96,7 % du Soleil au-dessus de Montpellier. Le phénomène débutera à 19h31 et atteindra son maximum à 20h25. Particularité locale : le Soleil se couchera avant la fin de l’éclipse, encore largement mordu par notre satellite.

Un croissant de Soleil qui plongera dans l’horizon

Le premier contact entre les deux disques est calculé à 19h31. Pendant près d’une heure, la Lune grignotera le Soleil jusqu’au maximum de 20h25. À cet instant, 96,7 % de la surface solaire aura disparu et la luminosité chutera brutalement, comme un crépuscule qui tomberait deux heures trop tôt.

Le problème vient de la hauteur du Soleil. Au moment du maximum, l’astre ne sera plus qu’à 3,8 degrés au-dessus de l’horizon, plein ouest. La fin théorique du phénomène est fixée à 21h16. Sauf qu’à Montpellier le Soleil se couche à 20h52 ce jour-là. Nos calculs, réalisés à partir des éphémérides du Jet Propulsion Laboratory, montrent qu’il sera alors encore occulté à plus d’un tiers. Le spectacle durera donc 1h21 au lieu des 1h45 annoncées par les tables théoriques.

« On verra un croissant de soleil se coucher. »

Vincent Guillet, astrophysicien, maître de conférences à la faculté des Sciences de Montpellier

La conséquence est très concrète pour les curieux : un horizon ouest parfaitement dégagé devient indispensable. Une colline, un immeuble ou une rangée de platanes suffiront à priver du bouquet final. La promenade du Peyrou et son belvédère tourné vers le couchant, les hauteurs de Castelnau-le-Lez ou de Juvignac et le cordon littoral de Palavas à Carnon font partie des points les plus sûrs. Les modèles de prévision annoncent pour l’instant un ciel dégagé mercredi soir sur Montpellier, avec près de 29 °C encore à 20 heures.

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Rien d’aussi profond depuis 1961

Beaucoup de Montpelliérains gardent le souvenir du 11 août 1999. Ce jour-là pourtant, la capitale héraultaise était restée loin du compte : la bande de totalité traversait le nord de la France et le Soleil n’avait été masqué qu’à 81 % ici. Le 12 août sera nettement plus spectaculaire.

D’après les mêmes éphémérides, il faut remonter au 15 février 1961 pour retrouver une éclipse aussi profonde depuis Montpellier : la Lune avait alors recouvert la quasi-totalité du disque solaire. Soit soixante-cinq ans d’attente. La prochaine occasion, le 2 août 2027, sera beaucoup plus modeste avec 72 % d’occultation. Aucune éclipse ne dépassera le score de mercredi d’ici au milieu du siècle.

Sur le littoral, quelques dixièmes de point se gagnent en descendant vers le sud-ouest : 96,8 % à Palavas-les-Flots, 97,0 % au sommet du mont Saint-Clair à Sète, 97,3 % à Béziers. Pour voir le Soleil totalement disparaître, il aurait fallu rejoindre le nord de l’Espagne, où passe la bande de totalité.

250 lunettes offertes au parc Malbosc

Deux rendez-vous gratuits sont organisés dans la métropole. Le principal se tient au parc Malbosc, de 19 heures à 23 heures, à l’initiative du Laboratoire Univers et Particules de Montpellier. Sans réservation. Des solarscopes fabriqués à la Faculté des sciences, ces boîtes qui projettent l’image du Soleil sur un écran de carton, permettront d’observer le phénomène sans risque. Surtout, 250 paires de lunettes de protection seront distribuées gratuitement sur place, dans la limite des stocks.

La soirée n’est pas née d’un coup de tête. Depuis février, 150 élèves de deux écoles primaires de la Paillade et du lycée professionnel Léonard-de-Vinci ont participé au projet ECLIPSE2026, encadrés par des astronomes et des ingénieurs de l’Université de Montpellier. Ateliers d’astrophysique, réglage des instruments, consignes de sécurité : le tout financé à hauteur de 4 500 euros par deux laboratoires et la Société française d’astronomie et d’astrophysique.

« L’idée c’est que le 12 août, ce sont les élèves qui montrent à leurs parents comment observer l’éclipse. »

Vincent Guillet, organisateur de la soirée d’observation du parc Malbosc

Après l’éclipse, place à un repas partagé puis à une visite guidée du ciel étoilé entre 22 heures et 23 heures. Les Perséides, dont le pic se situe justement autour du 12 août, prendront le relais. Le détail du programme figure sur le site de l’université.

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Le parc Malbosc, à l’ouest de Montpellier, accueille la soirée d’observation de 19 heures à 23 heures.

Second rendez-vous à Lattes, où le site archéologique Lattara et le musée Henri-Prades ouvrent exceptionnellement leurs portes de 19h30 à 21h30 pour un pique-nique sous le « Soleil noir », au milieu des vestiges antiques. L’entrée est libre et un food-truck sera présent. Les lunettes, en revanche, ne sont pas fournies. Ceux qui viendront depuis les quartiers ouest peuvent d’ailleurs relire notre article sur les difficultés de liaison entre la Mosson et le littoral.

Des lunettes de plus en plus difficiles à trouver

C’est le nerf de la guerre et les stocks fondent. Chez Krys, à Castelnau-le-Lez, la cinquantaine de paires disponibles est partie en quelques jours. Chez Optique Philippot, à Montpellier, il en restait encore ce jeudi au prix de 3 euros. À la Pharmacie du centre de Pérols, un réassort d’une cinquantaine d’exemplaires reçu le matin s’écoulait déjà à vive allure, à 1,50 euro la paire.

Opticiens, pharmacies, magasins spécialisés et grandes surfaces en proposent. Un seul critère compte : la mention de la norme ISO 12312-2 imprimée sur la monture, accompagnée du marquage CE. Une paire rayée, trouée ou déchirée doit être écartée sans discussion.

« Même avec 96 % d’occultation du soleil, la quantité de lumière sera telle que vous risquez de graves brûlures de la rétine. Il faut impérativement des lunettes de protection. »

Jean-Marie Lopez, président de la Société astronomique de Montpellier

Trois minutes maximum et jamais les lunettes de 1999

Le gouvernement a publié une série de consignes détaillées. Les lésions provoquées par une observation sans protection sont indolores sur le moment. Les premiers troubles, vision floue, taches ou images déformées, peuvent n’apparaître que plusieurs heures plus tard, quand les dégâts sont déjà constitués.

  • Ne jamais réutiliser des lunettes anciennes, en particulier celles achetées pour l’éclipse de 1999 : leurs filtres se sont altérés avec le temps.
  • Verres fumés, lunettes de cinéma 3D, négatifs photo ou films radiologiques ne protègent absolument pas.
  • Trois minutes d’observation consécutives au maximum, avec des pauses entre chaque séquence.
  • Aucune observation pour les enfants de moins de 3 ans, vigilance renforcée pour les autres.
  • Ni jumelles ni télescope sans filtre solaire adapté, même avec des lunettes sur le nez.
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Photographier le phénomène impose les mêmes précautions : garder ses lunettes et équiper l’objectif d’un filtre, sous peine de griller le capteur. En cas de baisse de vision dans les heures qui suivent, la consigne officielle est de consulter un ophtalmologue sans délai ou d’appeler le 15. L’ensemble des recommandations est détaillé sur le site du gouvernement.

Pour ceux qui préfèrent une soirée plus classique, les séances de cinéma en plein air se poursuivent autour de Montpellier tout le mois d’août. Mais mercredi soir, entre 19h31 et 20h52, le vrai spectacle sera au-dessus des têtes. Les retardataires devront ensuite patienter jusqu’au 2 août 2027 pour un phénomène nettement moins impressionnant.