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Mort d’Amine à Montpellier : le mineur de 17 ans déféré

Bureau d'un juge d'instruction avec des dossiers de procédure empilés

Trois jours après la rixe qui a coûté la vie à Amine, 16 ans, tué de deux coups de couteau dans le quartier de Port-Marianne à Montpellier, l’adolescent de 17 ans qui s’était désigné comme l’auteur des coups est déféré devant la justice ce mercredi 12 août. Une information judiciaire a été ouverte pour violences en réunion et homicide, rapporte Midi Libre. L’enquête bascule ainsi entre les mains d’un juge d’instruction.

Déféré trois jours après la rixe de Port-Marianne

Les récits de son arrivée au commissariat, lundi 10 août au matin, ne se recoupent pas d’une source à l’autre. Midi Libre écrit qu’il s’est présenté spontanément à l’hôtel de police après avoir été rapidement identifié par les enquêteurs. France 3 Occitanie indiquait de son côté que le domicile de sa mère avait été perquisitionné dès 6 h ce même lundi en son absence et qu’il avait été interpellé un peu plus tard dans la matinée.

Sa garde à vue au commissariat a été prolongée de vingt-quatre heures par le procureur de la République mardi 11 août, selon actu.fr. Elle s’est achevée par un déferrement ce mercredi. Le quotidien régional précise, selon ses informations, que l’adolescent était déjà défavorablement connu de la police nationale. France 3 Occitanie évoquait pour sa part un jeune qui aura 18 ans le 1er septembre.

Les faits remontent au dimanche 9 août, vers 23 h 20, allée Alberto-Giacometti, sur l’aire de jeux pour enfants qui borde le parc Georges-Charpak, selon Midi Libre et Hérault Tribune. Deux groupes de jeunes s’étaient affrontés pour un motif toujours inconnu. Amine, touché au thorax, est décédé vers 2 h du matin au CHU de Montpellier.

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Ce que change l’ouverture d’une information judiciaire

Jusqu’ici, les investigations étaient menées dans le cadre d’une enquête de flagrance confiée au service local de police judiciaire. Avec l’ouverture d’une information judiciaire, elle passe sous l’autorité d’un juge d’instruction. Ce magistrat devient le directeur d’enquête : il peut ordonner des perquisitions, des expertises, des confrontations, des écoutes ou une reconstitution des faits. Il saisit la police par commission rogatoire.

Cette étape n’a rien d’automatique. La fiche officielle du service public rappelle qu’elle est obligatoire lorsqu’un crime a été commis et seulement facultative pour un délit ou une contravention. Le juge d’instruction a la particularité d’instruire à la fois à charge et à décharge, c’est-à-dire de chercher aussi bien les preuves de la culpabilité que celles de l’innocence de la personne mise en cause.

Devant ce magistrat, un suspect peut être mis en examen s’il existe contre lui des indices graves ou concordants. À défaut, il reçoit le statut de témoin assisté. Le juge d’instruction peut ensuite demander un placement en détention provisoire, décision qui appartient au juge des libertés et de la détention. Il peut aussi opter pour un contrôle judiciaire. La loi fixe enfin un délai prévisible d’achèvement indicatif : un an pour une instruction délictuelle, dix-huit mois pour une instruction criminelle. Le portail justice.fr détaille chacune de ces étapes.

Une procédure encadrée par le code de la justice pénale des mineurs

Le suspect étant mineur au moment des faits, la procédure obéit à des règles particulières, réunies depuis septembre 2021 dans le code de la justice pénale des mineurs. Sa garde à vue ne pouvait dépasser vingt-quatre heures sans une prolongation décidée par le procureur, dans la limite de 48 heures. L’assistance d’un avocat et l’examen médical y sont obligatoires, deux droits spécifiques aux mineurs.

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La juridiction chargée de juger un mineur dépend de la gravité de l’infraction et de son âge au moment des faits. Le juge des enfants et le tribunal pour enfants jugent les délits. Les crimes commis avant 16 ans relèvent du tribunal pour enfants. Les crimes commis entre 16 et 18 ans relèvent en revanche de la cour d’assises des mineurs, composée d’un président, de deux juges des enfants et d’un jury de six citoyens tirés au sort.

Devant les juridictions pour enfants, les audiences se tiennent en publicité restreinte, sans public autre que la famille, les éducateurs et les victimes, une règle destinée à préserver l’anonymat du mineur. En avril dernier, à une tout autre échelle de gravité, un collégien de 13 ans interpellé après un coup de couteau au stade du Crès avait été placé sous contrôle judiciaire.

Le motif de la rixe reste à établir

Trois jours après la rixe, personne ne sait pourquoi ces jeunes en sont venus aux mains. Midi Libre écrivait encore ce mercredi matin que le motif de l’altercation était ignoré à ce stade. Actu.fr évoque de son côté la piste d’un mobile futile, un différend récurrent autour d’une jeune fille suivi d’un regard mal interprété, sur la foi de témoignages de l’entourage de la victime.

Hérault Tribune souligne qu’aucun élément communiqué par le parquet ne permet de relier la mort d’Amine à un quelconque trafic. Le parquet de Montpellier a ordonné une autopsie. Deux amis de la victime avaient été interpellés dans la nuit du 9 au 10 août. D’autres participants à la rixe sont toujours recherchés. Toute personne mise en cause bénéficie de la présomption d’innocence.

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Un cadenas et des fleurs sur l’aire de jeux

Dans le quartier, l’aire de jeux portait encore mardi 11 août les traces de la nuit de dimanche. Un grand drap blanc maintenu par des pierres recouvrait le sol en bois où l’adolescent s’est effondré. Des roses, des bougies et des plantes en pot l’entouraient. Vers 15 h ce mardi, deux garçons de 14 ans qui connaissaient Amine sont venus fixer un cadenas bleu sur l’une des portes d’accès, raconte Hérault Tribune. Un second passage restait ouvert pour ceux qui viennent déposer des fleurs.

« C’est par respect pour notre ami. Quelqu’un est mort ici »

Jibril et Mohamed, amis d’Amine, cités par Hérault Tribune

Une riveraine confiait au même média ne plus se sentir en sécurité dans un quartier qu’elle dit avoir vu changer, elle qui venait encore observer les étoiles filantes dans le parc il y a deux ans. Sur ICI Hérault, un ami d’Amine le décrivait comme quelqu’un de « gentil et entreprenant » qui avait beaucoup de projets. Une marche blanche doit être organisée prochainement par ses proches.