Une tour de dix-sept étages, une autre de dix, des façades couvertes de plantes et des serres vitrées qui font le lien entre les deux volumes, en lisière du parc de l’Hôtel de Ville. La résidence montpelliéraine Evanesens, livrée cet été, est repartie de Naples le 28 octobre avec le Grand Prix des Build Europe Awards 2026. Une récompense européenne qu’elle partage avec un projet néerlandais.
Un Grand Prix remis à Naples et partagé avec les Pays-Bas
La cérémonie s’est tenue au Maschio Angioino, à Naples, en ouverture du congrès de Build Europe, organisé jusqu’au 30 octobre avec la fédération italienne Confindustria Assoimmobiliare. Les deux lauréats du Grand Prix ont été annoncés par l’adjointe au maire de Naples Laura Lieto et par Davide Albertini Petroni, président de Confindustria Assoimmobiliare.
Evanesens partage la distinction avec De Groene Loper, porté par Ballast Nedam Development aux Pays-Bas. Ce chantier a enfoui une autoroute pour reconnecter des quartiers et créer un corridor vert de 2,6 kilomètres, bordé de logements neufs et d’espaces publics. Le promoteur montpelliérain situe l’opération néerlandaise à Maastricht.
Le jury était présidé par Gianluca Brunetti, ancien secrétaire général du Comité économique et social européen. Il réunissait également Laura Lieto, l’architecte belge Xavier Callens, le vice-président de Build Europe Jean-Paul Scheuren ainsi que Christophe Sykes, directeur général d’European Construction Products. Dans son communiqué, l’organisation indique avoir retenu Evanesens pour une conception architecturale qui fait de la végétation une composante à part entière du cadre résidentiel.
Build Europe rassemble les fédérations nationales de promoteurs et de constructeurs de logements de l’Union européenne. La France y siège à travers la Fédération des promoteurs immobiliers, le Pôle Habitat FFB et l’Union nationale des aménageurs. Le palmarès complet de l’édition 2026 recense également un Pioneer Prize pour le projet allemand Rockywood et son usage du bois et un Coup de cœur pour un projet ukrainien de logements destinés aux familles déplacées par la guerre.
4 587 plantations et 187 arbres sur deux kilomètres de jardinières
L’opération rassemble 74 logements répartis dans deux tours qui dépassent 50 mètres de hauteur. Les serres de double hauteur qui relient les deux volumes servent tantôt d’espaces de convivialité partagés, tantôt de retraits privatifs.
La fiche projet de la Fédération des promoteurs immobiliers détaille le décompte végétal : 4 587 plantations, dont 187 arbres et 2 000 arbustes, réparties sur près de deux kilomètres de jardinières. Roxim annonce de son côté plus de 60 espèces sur les façades. La presse locale arrondit le total à près de 4 600 végétaux.
Le bâtiment récupère ses eaux grises pour irriguer ces plantations. Le système épargne 2 500 m³ d’eau potable par an. Les espaces végétalisés voient ainsi 80 % de leur besoin annuel couvert par cette ressource recyclée. Une pompe à chaleur air/eau collective assure le chauffage et le rafraîchissement, une chaufferie gaz à condensation prenant en charge l’eau chaude sanitaire. L’ensemble représente 6 750 m² de surface de plancher, pour une construction conforme à la réglementation RE2020.
Le programme compte aussi des logements en accession abordable. La fiche publiée en 2024 par la fédération en dénombre douze, destinés à des familles primo-accédantes. Midi Libre en recense quatorze dans son article de cette semaine. La conception revient à l’architecte François Fontès et à l’Italienne Laura Gatti, qui avait déjà cosigné le Bosco Verticale à Milan.
Une forêt verticale qui doit encore pousser
Les premiers occupants sont entrés dans les lieux à partir de juillet 2026. Midi Libre situe la livraison à l’été, au terme de 32 mois de chantier.
L’image de forêt verticale voulue par les concepteurs n’est pas encore au rendez-vous. La végétation doit encore pousser plusieurs années avant que les façades ne prennent l’allure voulue par les concepteurs. La résidence s’élève allée des Cirses de Montpellier, en lisière d’un parc public de près de deux hectares, dans le secteur de Port Marianne.
La capitale héraultaise n’en est pas à sa première silhouette remarquée. L’Arbre Blanc fait partie de ces bâtiments que les Montpelliérains montrent aux visiteurs, même si le restaurant et le rooftop installés à son pied et à son sommet ont cessé leur activité le 16 octobre.
François Fontès est un architecte montpelliérain. Il est également à la tête du groupe immobilier Hugar et avait racheté la librairie Sauramps en 2017.
Michaël Delafosse salue « l’architecture contemporaine »
Le maire de Montpellier a réagi sur LinkedIn en relayant l’annonce du promoteur.
« Montpellier, ville d’hospitalité pour la créativité, rayonne grâce à l’architecture contemporaine. »
Michaël Delafosse, maire de Montpellier
Evanesens n’en est pas à sa première récompense. La fiche publiée par la Fédération des promoteurs immobiliers mentionne sur sa fiche projet 2024 un Grand Prix régional Caisse d’Épargne ainsi qu’un Grand Prix national SOCFIM, deux ans avant la consécration napolitaine.
Le promoteur a mis en ligne une interview de l’architecte consacrée à la résidence.















