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Grève du 15 septembre à Montpellier : étudiants et soignants devant la préfecture

Rassemblement d'étudiants devant la préfecture de l'Hérault à Montpellier

Étudiants, soignants et agents de l’énergie se sont retrouvés devant la préfecture de l’Hérault ce mardi 15 septembre, à Montpellier. La journée répondait à un appel national lancé dans plusieurs secteurs, à quelques semaines de l’examen du budget de l’État et de celui de la Sécurité sociale pour 2027. Les étudiants formaient le gros des troupes.

De la préfecture à la place de la Comédie

Le rendez-vous était fixé à 10 heures place des Martyrs-de-la-Résistance, à l’appel de l’intersyndicale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et de l’Union étudiante. Les comptages divergent selon les médias présents. Midi Libre évoque une centaine d’étudiants, le média montpelliérain Le Poing « un peu plus d’une centaine » de personnes sur le parvis, quand France 3 Occitanie parle de « plusieurs centaines de personnes » pour l’ensemble de la journée dans la ville.

Le cortège étudiant a ensuite gagné la place de la Comédie vers 11 heures, d’après Midi Libre. Les hospitaliers ont pris le relais au même endroit : l’union syndicale départementale CGT Santé Action sociale de l’Hérault avait appelé ses adhérents à se rassembler à midi devant la préfecture. Les agents de l’énergie partaient quant à eux de la rue Raimon-de-Trencavel à 10 heures avant de rejoindre le cortège des soignants, précise France 3.

Localisation : place des Martyrs-de-la-Résistance, devant la préfecture de l’Hérault, à Montpellier.

Trois dossiers étudiants qui se télescopent

Le premier motif de colère porte sur les aides au logement. Commandée par le gouvernement, une revue de dépenses conduite par l’Inspection générale des finances avec l’Igas suggère de tenir compte des ressources parentales pour fixer le montant des APL. À partir de cette piste, les organisations étudiantes avancent un ordre de grandeur : 200 000 étudiants se retrouveraient sans la moindre aide et 150 000 autres avec une aide rabotée. Rien n’a pour l’instant été voté ni officiellement annoncé. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a démenti cette piste le 20 août. Une coupe s’applique déjà depuis le 1er juillet aux étudiants extra-communautaires non boursiers, privés d’aide au logement.

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Deuxième dossier, les droits d’inscription des étudiants étrangers. Le décret du 19 mai 2026 plafonne à 20 % la part d’étudiants qu’un président d’université peut exonérer, avec un régime transitoire de 30 % pour 2026-2027 puis 25 % pour 2027-2028. La facture atteint 2 895 euros en licence et 3 941 euros en master, contre 178 et 254 euros pour les autres inscrits. Les syndicats chiffrent à 7 000 les étudiants étrangers concernés dans la ville, dont 5 000 à l’Université de Montpellier et 2 000 à Paul-Valéry.

« Les étudiants sont déjà dans une précarité énorme, donc ça rendrait les choses encore pires. Plein d’étudiants ne pourraient plus payer leur loyer et vivre décemment. »

Sarah Sia, étudiante en deuxième année de licence de droit, à France 3 Occitanie

Reste le troisième front, ouvert le 9 septembre. Ce jour-là, la sénatrice Laurence Garnier a présenté les conclusions de la commission d’enquête du Sénat sur l’excellence des universités. Parmi les pistes relevées par Le Poing figurent une inscription facturée 900 euros en licence puis 1 300 euros en master ainsi que la fin de l’accès de droit à l’université pour tout bachelier. Le président de la commission, le communiste Pierre Ouzoulias, ainsi que les élus de gauche ne l’ont pas approuvé. Les syndicats étudiants montpelliérains s’étaient déjà rassemblés devant le rectorat le 12 mai, contre le projet de décret alors en préparation.

Les hospitaliers réclament la réouverture des lits

À midi, le pavé montpelliérain a changé de visage. La CGT Santé de l’Hérault a mis en avant les fermetures de lits, les difficultés de recrutement, l’allongement des délais de prise en charge et l’épuisement des professionnels. Son tract compte 80 000 lits supprimés en France depuis 2003. Environ 45 000 d’entre eux l’auraient été après l’élection d’Emmanuel Macron, selon le même document.

« On a déjà un budget laminé et des hôpitaux qui ont été saignés à blanc. »

Philippe Peretti, secrétaire général adjoint de la CGT au CHU de Montpellier

Le syndicat lie explicitement la date au calendrier parlementaire, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 devant arriver au Parlement à l’automne. Ses principales demandes tiennent en trois points :

  • le déblocage immédiat de 1,1 milliard d’euros gelés sur le budget du ministère de la Santé ;
  • un Objectif national des dépenses d’assurance maladie relevé de 10 % pour 2027 ;
  • la remise en service des lits et des services fermés, avec un plan de recrutements étalé sur plusieurs années.
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Le tarif agent et la recherche dans le même cortège

Les électriciens et gaziers défendaient de leur côté un avantage vieux de quatre-vingts ans, attaqué par un rapport de la Cour des comptes. Le tarif agent découle du statut national des industries électriques et gazières de 1946. La CGT Mines-Énergie 34 rappelle que près de 300 000 agents, en activité comme à la retraite, en bénéficient. Son coût pèse 1 % de la facture énergétique nationale, avance le syndicat.

Les personnels de la recherche complétaient le tableau. Stéfan Mora, ingénieur d’étude au CNRS et secrétaire général de la CGT Recherche, dénonce des budgets « en constante diminution ». L’intersyndicale de l’enseignement supérieur chiffre le manque à huit milliards d’euros au bas mot pour les universités. Elle avance le même montant pour la recherche publique.

Une mobilisation annoncée jusqu’à la fin de l’année

La CGT Santé présente le 15 septembre comme une première étape. D’autres actions locales sont prévues en octobre, dont une jonction le 14 octobre avec le mouvement des retraités. Le syndicat n’écarte ni de nouvelles assemblées générales ni de nouveaux appels à cesser le travail en novembre puis en décembre, au moment où les députés examineront le budget.

Du côté étudiant, la rentrée montpelliéraine avait déjà été marquée par la tension sur le marché du logement, où une annonce peut récolter soixante-dix candidatures en vingt-quatre heures. Le Syndicat de combat universitaire de Montpellier dit avoir distribué 15 000 colis alimentaires l’an dernier lors de ses permanences. La capitale héraultaise accueille l’un des plus gros contingents étudiants de France, ce qui donne à ces dossiers budgétaires un écho particulier dans la ville.

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